
S’il est un sujet trop souvent absent du lexique indépendantiste, c’est celui de la défense du Québec et de la garantie de sa souveraineté par son armée.
Notre option politique prétend s’inscrire dans le réel et dans une approche factuelle des choses. Considérons donc ceci: l’armée est le lieu d’une relation privilégiée entre le peuple et la nation, d’une transcendance nécessaire des individus se reconnaissant mutuellement comme frères d’armes. La défense du drapeau se fait alors tel un seul homme. Au-delà de l’aspect pratique, c’est une éducation patriotique qui s’exécute. L’Homme se forge donc, tant physiquement qu’intellectuellement, pour affronter le sens tragique inhérent à la vie. L’abnégation et le service retrouvent leurs lettres de noblesse. Car le civil naît, mais le citoyen se fait.
Le Québec possède une tradition militaire ancienne de plusieurs siècles, autant glorieuse que méconnue. Ces honneurs doivent rester vivants et se transmettre. La rumeur du pacifisme niais et aplatventriste du peuple québécois s’effondre tel un château de cartes lorsque l’on redécouvre les milices paroissiales de Nouvelle-France, Charles-Michel de Salaberry et ses hommes mettant en déroute l’armée américaine en 1813, les patriotes prenant les armes face à la première puissance mondiale, nos aïeux morts sous les balles refusant la conscription d’une couronne étrangère, Léo Major prenant à lui seul la ville de Zwolle aux mains des Allemands en 1944 et bien d’ autres exemples tout aussi illustres. Le pied-à-terre et le poing sur la table, c’est bien d’ici.
L’armée est l’un des instruments les plus fondamentaux de la souveraineté. Perdre sa défense, ou pire, la confier à une entité étrangère, c’est vivre en tutelle; une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
Nous sommes un peuple mature, prêt et capable de nous suffire.
Photo: Présentation du drapeau national par le Royal 22e Régiment à Paul Sauvé, 1952.
NB: Le fleurdelisé connut les champs de bataille de Corée; Maurice Duplessis remit en main propre l’étendard québécois à nos régiments pour que ceux-ci n’aient pas à combattre sous un drapeau anglo-saxon.

