
La Nouvelle Alliance est un mouvement de jeunesse indépendantiste. Sans demi-mesure, nous nous organisons pour être les artisans de notre pays, de son État social, de son futur fructifié par cinq siècles de vie française.
Toute notre action est animée par un constat : l’indépendance ne se fera pas en l’espace de quatre murs, dans l’entre-soi ou par des successions de soirées mondaines. Il n’était désormais plus suffisant de critiquer cette respectabilité – celle dont parlait Bourgault – qui confinait le déploiement de nos forces aux partis politiques ou à quelques institutions parées d’un nationalisme de prescription, n’ayant aucune emprise sur le réel. Non, il n’était plus suffisant de s’insurger face à la stérilisation des énergies, il fallait désormais s’extraire de l’attentisme, percer l’abcès, régénérer un pur militantisme au sein d’un mouvement qui ne concède ni ses principes, ni ses engagements, ni la plénitude de son combat. Être favorable à l’indépendance de son pays est une étape : la seconde est sa concrétisation tangible, sa conquête sculptée par les mains de tous les résolus.
La Nouvelle Alliance s’active à donner un pays aux Québécois : en cela, nous sommes à l’assaut de l’histoire et du temps. Le courage politique est le maître mot. Le politique ne peut attendre passivement les campagnes électorales pour se manifester, au risque d’être monopolisé par quelques avides de leurs intérêts : notre indépendance est un enjeu de chaque instant. C’est en cela que des mouvements se constituent pour façonner nos milieux, nos vies, le commun, comme autant d’étendards fédérant une jeunesse enivrée par la conscience de son propre potentiel, par l’élévation que porte son idéal.
Nous nous extrayons aussi des faux clivages, des petites querelles d’hémicycles, des tenants de la division des nationalistes de bonne foi et des indépendantistes authentiques, de ceux pour qui la cause du Québec passe avant toutes considérations personnelles ou partisanes. Nous les rencontrons, ceux-là ; les patriotes d’avant-garde qui refusent mordicus de frapper d’estoc leurs alliés objectifs malgré leur catégorisation de gauche ou de droite. La patrie se situe au-delà de cette dualité imposée : c’est une responsabilité vis-à-vis de soi, puis vis-à-vis de ceux qui œuvrent dans l’optique de notre libération, même s’ils proviennent de différentes cases de l’échiquier. Nous ne céderons rien à ceux qui travaillent à couper le fil retors de notre Histoire, et nous reprenons cette maxime de Bonaparte qui sied parfaitement à notre propre conception de la mémoire :
« De Clovis au Comité de salut public, j’assume tout. »
Osons donc enfin nous proclamer héritiers de la Nouvelle-France, avec fierté et gloire, dans un nationalisme réconcilié avec les origines du pays qu’il défend. L’attachement aux sources de notre vie n’est pas une volonté de muséification ou une nostalgie pétrifiant le temps, mais une semence durable de notre sol, duquel surgit un avenir dont l’harmonie dépend de sa relation positive et sereine avec le passé.
Tête haute, camarade, le Québec a rendez-vous avec l’histoire!
Vive l’indépendance.

23 AVRIL 2023

TOIT DE L’Université McGill


